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Le Blog Hypnoscène

 

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Considérer le théâtre comme une sorte de rêve éveillé et le spectateur comme un dormeur lucide fait certainement partie de ces leitmotive qui parcourent l’histoire du théâtre et tentent de dire quelque chose de l’expérience du regard et de l’écoute qu’il nous offre. Depuis les mises en scènes du théâtre symboliste à la fin du XIXe siècle, néanmoins, un certain nombre d’artistes de la scène ont cherché de façon réellement délibérée et radicale des dispositifs théâtraux susceptibles de favoriser la rêverie du spectateur, de déclencher des expériences intérieures, situées aux confins du conscient et de l’inconscient ou du subconscient. Ces dispositifs, nous les nommerons globalement « hypnotiques » en un sens très large, et en nous souvenant que le mot a été forgé au XIXe siècle sur la racine grecque hypnos, le sommeil. Ils ne constituent pas une esthétique homogène et ils peuvent se déployer au sein de projets et d’univers artistiques extrêmement variés – d’Einstein on the beach de Bob Wilson à l’œuvre scénique de Claude Régy ou aux « hypnographies » de Joris Lacoste, en passant par des spectacles de Joël Pommerat, de Romeo Castellucci, mais aussi, dans des perspectives également très différentes, de Bruno Meyssat ou de Joris Mathieu, ou encore, dans le domaine de la magie nouvelle, de la compagnie 14 : 20… L’un de leurs points communs, qui constitue fondamentalement la caractéristique hypnotique, est que l’expérience qu’ils génèrent déstabilise et déterritorialise la notion de « scène » et l’inscrit dans un entre-deux troublant entre le concret du plateau théâtral et l’immatérialité de la scène mentale du spectateur. Qu’est-ce qui est vu, perçu, raconté, déployé ? Sur quelle scène le spectacle a-t-il lieu ?

Responsable scientifique du projet : Mireille Losco-Lena, Professeure des universités à l’ENSATT,
mireille.losco@ensatt.fr