Ouvertures de l'ENSATT

Projets d’écriture dramatique 26

Les Projets d’écriture dramatique 2026 sont des Ouvertures permettant la traduction et la concrétisation scénique de six textes écrits par les six autrices et auteurs de la 85e promotion
Deux metteuses en scène et un metteur en scène ont permis la concrétisation au plateau de ces projets de fin de cursus et ont accompagné les étudiantes et étudiants dans leur travail de création. Il s’agit de Gaëlle Bien-aimé (Pour l’animal et Zonarde), de Marion Guerrero (Marla Try Hard et le Sang) et de Michel Cerda (Miranda rouge et Soir, après travail).

Assignés garçons à la naissance, deux adolescent.e.s commencent un jeu dans un garage, qui prend la forme d’une interview. Avec une caméra entre elleux, l’un fait le garçon, l’autre la fille. Iels se rejoignent tous les mercredis après-midi pour continuer ce rituel, posant la caméra dans chaque pièce de la maison.

 

Note d’intention d’Elie Gautron

Exister dans un entre-deux, celui du genre, celui de la sexualité. Être dans un entre-deux âges, avec la pulsion de l’enfance et la pulsion du désir érotique. Être dans l’entre-deux du jeu ; Jouer à être quelqu’un que l’on n’est pas. Tenter un déplacement. Prendre de l’aisance dans son rôle, et jubiler dans le jeu. Se perdre un peu dans les frontières floues du réel et de la fiction.

C’est l’histoire d’un entre-deux êtres qui se construisent une fiction commune. Qui avancent masqués dans le jeu qu’iels génèrent. Mais à mesure que le jeu se prolonge, la ficelle du masque ne semble pas bien tenir. Dans leur relation puissante, mais trouble, iels ne peuvent pas se passer de la fiction pour se dire les choses.

Un jeu parfois violent. Les mots sont des armes. C’est une bataille. La matérialité de la réalité est utilisée comme contre-pouvoir pour faire flancher l’autre. Il n’y a pas de pitié, mais il y a aussi beaucoup d’amour.

La caméra génère le jeu, mais elle est aussi le fantasme d’un ailleurs. Elle fictionne la réalité, permet de la mettre en arrière-plan comme un fond cinématographique dans lequel on peut s’échapper.

Le texte que vous allez voir et entendre a été soumis à un travail de coupes, pour rentrer dans le format des 50 minutes. Le jeu passe par de nombreuses digressions, vous avez été épargnées de certaines d’entre elles. 

Texte : Elie Gautron

Mise en scène : Michel Cerda

Assistanat mise en scène : Ornela Fagnon

Jeu : Adrie Pineaud et Basile Pouthé

Conception costume : Margot Bonnafous

Conception lumière : Carla Gorieu Durocher

Conception son : Anna-Ludvina Cayuela

Scénographie : Noé Bouret

Direction technique/Régie générale : Romàn Amiel

Régie costume : Elsa Faure

Régie lumière : Fanny Pezzagna

Régie son : Clémentine Lacourt

Aide scénographie : Maligué Pitou

Atelier costume : Thibault Affre, Allison Agnel, Eva Allègre, Lio Baudet Meunier, Kira Berthoux Sturm, Adèle Billy, Gabriel Boguta, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Clara Gremy, Côme Grosbois, Benjamin Jeannot, Pauline Langlois, Zoé Morel, Clariana Parot-Urroz, Julia Prié, Maya-Lune Thiblemont, Jeanne Viande, Marie-Eve Wolfrom

Miranda rouge - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois Miranda rouge - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois Miranda rouge - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois

Crédit photographique galerie Benjamin Bourgeois

L’heure : neuf heure et demie du soir. Deux jeunes hommes sont assis dans un pré. Regardent des taureaux. C’est tout.

 

Note d’intention de Jules Parnet

Mon but – en écrivant cette pièce – a été de voir, de simplement regarder un moment lors d’un soir en été, deux jeunes hommes, après le travail. Je voulais décrire mes impressions les plus exactes et intimes de leur occupation. En tout cas cela fait bientôt six mois que je l’écris. J’ai fait beaucoup de versions. J’ai l’impression d’être parfois un peintre qui retouche son tableau tout le temps et chipote sur un trait et qui d’ailleurs ne voit plus les autres traits tu sais. Si tu la lis ou la regardes tu verras un paysage méditerranéen, un pré, un crépuscule mais cette fois j’y ai rajouté des taureaux. Je me suis dit que peut-être ces animaux allaient me bousculer un peu.
 
Ces animaux exercent sur moi une fascination dont je ne pourrais pas trop dire d’où elle vient. Je ne suis pas trop quelqu’un qui aime la force ou les muscles en plus. Pourtant je témoigne beaucoup d’intérêt pour ces animaux. Enfin bon. Toujours est-il que dans ce texte, des taureaux sont là. On les voit brouter dans un pré en face de deux jeunes hommes qui ne font pas grand-chose non plus. Cela a donc pris en grande partie la forme d’une pièce didascalique.
 
Je te lis un petit bout : « Le premier jeune homme pèle une orange avec un couteau, en mange un bout, en tend un au deuxième jeune homme. Le deuxième jeune homme refuse. Le premier jeune homme mange un autre bout. Il desserre ses lacets, soulève sa chaussette, ôte sa casquette, réajuste le scratch, remet la casquette. […] 
 
Le premier jeune homme roule une cigarette, cherche un briquet, fume. Il finit sa cigarette, écrase son mégot, sort une baguette, la coupe en deux, prépare deux sandwichs comme il sait le faire. Il ouvre une demi-baguette, étale du fromage frais, dépose à l’intérieur une tranche de jambon, recommence la même chose avec la deuxième demi-baguette. Les sandwichs préparés, il les dépose dans l’herbe, range le couteau dans le sac, clipse le couvercle du fromage frais. Il attend. Le deuxième jeune homme revient. Il ferme sa braguette, s’assoit. Le premier jeune homme lui tend un sandwich. Les deux jeunes hommes mangent […] et les deux jeunes hommes regardent des taureaux.
 
Les taureaux sont dans le pré. Autour d’eux des herbes. Des buissons, touffeurs de roseaux, lentisques, salicornes. Deux trois grands ifs, petits tamaris soclent le bout du pré. Il s’étale sur des hectares, bute à l’horizon sur un chemin de fer, à l’ouest. Aucun taureau n’indique la marche ni un chemin qui ferait deviner un itinéraire habituel. Les taureaux avancent en direction de l’ouest. »

Texte : Jules Parnet

Mise en scène : Michel Cerda

Assistanat mise en scène : Ornela Fagnon

Jeu : Teawa Mirman et Nathan Saraga-Morais

Conception lumière : Tom Cantrel et Carla Gorieu Durocher

Conception son : Anna-Ludvina Cayuela

Scénographie : Daphné Carette

Direction technique/Régie générale : Romàn Amiel

Régie costume : Benjamin Jeannot

Régie lumière : Alexis Ménard et Tom Vidal

Régie son : Clémentine Lacourt

Aide scénographie : Flora Caumette et Marion Odin

Atelier costume : Thibault Affre, Allison Agnel, Eva Allègre, Lio Baudet Meunier, Kira Berthoux Sturm, Adèle Billy, Gabriel Boguta, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Clara Gremy, Côme Grosbois, Benjamin Jeannot, Pauline Langlois, Zoé Morel, Clariana Parot-Urroz, Julia Prié, Maya-Lune Thiblemont, Jeanne Viande, Marie-Eve Wolfrom

Soir, après travail - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois Soir, après travail - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois

Crédit photographique galerie Benjamin Bourgeois

Trois personnes partent camper dans le grand nord canadien ; une meute de coyotes essaye de survivre à la faim. Deux jours sont suffisants pour que Kim, la seule femme du groupe, se retrouve confrontée à des dangers humains comme animaux.

 

Note d’intention de Nerea Dezac

En deux bonnes heures on peut en construire un vrai un si on sait comment faire. On peut en faire un de la taille qu’on veut. On commence par choisir de la bonne neige, de la neige compacte qu’on coupe comme du gros coton. On place les blocs ensuite, c’est assez simple, on fait de bas en haut, on construit en spirale. On remplit les trous entre les briques avec de la neige. Le toit c’est le plus dur ; et c’est assez traître parce que si ça tombe, c’est jamais tout de suite. Igloo (ᐃᒡᓗ) en Inuktitut, ça veut dire maison. Et même dans un igloo fait en glace on finit par avoir chaud.

On n’enseigne pas vraiment comment faire des igloos, au Québec on n’enseigne même pas le sens du mot. Quand j’étais petite à Montréal, on faisait des trous dans la neige, on s’enterrait presque vivants. A force de faire les choses sans savoir d’où elles viennent, sans savoir à qui on les doit, sans savoir comment elles fonctionnent, on oublie ce qui les constituent. 

Le texte essaie de rendre visible l’oubli du territoire et l’incapacité d’y vivre quand on ne le comprend pas. Il est écrit en langue québécoise, pour et avec le territoire du Québec. Il essaie de tisser des liens entre les dominations, surtout de faire coexister une histoire très humaine avec une histoire très animale.

Nipimishin, apu matenitaman 

Ninipun

Avec les aurores boréales 

Étendue, je n’agonise pas

Un thé dans la toundra

Joséphine Bacon

Texte : Nerea Dezac

Mise en scène : Gaëlle Bien-aimé

Jeu : Cassiopée Lamain, Marcel Currat, Tristan Legras et Ornela Fagnon

Conception costume : Lior Hayoun

Conception lumière : Millo Fernandez

Conception son : Hannah Mazodier

Scénographie : My Lan Sourisseau

Direction technique/Régie générale : Tristan Blanchot

Régie costume : Elsa Faure

Régie Lumière : Fanny Delacourt

Régie son : Mathis Coppola-Brivet

Électricité : Candice Oziol

Aide scénographie : Prunelle Fougère

Atelier costume : Thibault Affre, Allison Agnel, Eva Allègre, Lio Baudet Meunier, Kira Berthoux Sturm, Adèle Billy, Gabriel Boguta, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Clara Gremy, Côme Grosbois, Benjamin Jeannot, Pauline Langlois, Zoé Morel, Clariana Parot-Urroz, Julia Prié, Maya-Lune Thiblemont, Jeanne Viande, Marie-Eve Wolfrom

Pour l'animal - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois

Crédit photographique galerie Benjamin Bourgeois

Parfois quand on n’a pas grand-chose à faire, on va faire du lèche-vitrine. Plus on est pauvre et plus on lèche.

 

Note d’intention de Mélissa Mambo Bangala

 

« car pour les assiégé.e.s 

il n’existe aucun endroit 

qui ne puisse pas être 

une terre d’accueil 

ni aucun endroit 

qui le soit. » [1]

« for the embattled 

there is no place 

that cannot be 

home 

nor is. » [2]

« pour les assailli.e.x 

nul endroit 

ne peut s’abstenir d’être 

un foyer 

et nul ne l’est. »  [3]

 

Dans ce poème d’Audre Lorde, qui se décrit comme « noire, lesbienne, féministe, socialiste, mère, guerrière, poète », je pense que le mot le plus important, c’est « home ».

A mon sens, le traduire littéralement par foyer ou maison, permet de contenir bien plus de choses que l’expression « terre d’accueil » qui d’une part perturbe le rythme de la parole et d’autre part connote trop le mouvement migratoire international.

Les assiégé.e.s, les assailli.e.x, ce sont les Noir.es, (les) lesbiennes, (les) féministes, (les) socialistes, (les) mères, (les) guerrières, (les) poètes(ses). Il s’agit de parler de toutes les migrations, les petites comme les grandes, même celles qui ne se font que dans le ventre. Il s’agit de parler d’une sécurité presque familiale et jamais obtenue.

Je crois que Zonarde essaie d’être dans la lignée de ce poème et d’ajouter à la table « (les) Arabes, (les) grosses, (les) handies. »

Le texte a été pensé pour au moins une personne racisée et grosse. Ce corps gros est, dans la représentation, évoqué plutôt que présent.

[1] LORDE Audre, Sister Outsider : Essais et propos d’Audre Lorde sur la poésie, l’érotisme, le racisme, le sexisme…, trad. CALISE Magali, Genève, éditions Mamamélis, 2003, p. 119.

[2] LORDE Audre, “For the embattled there is no place that cannot be home nor is”, extrait du poème ‘School note’ (The Black Unicorn, W.W. Norton and Company, New York, 1978, p.55), cité dans ‘Man Child: A Black Lesbian Feminist’s Response’ in Sister Outsider: Essays and Speeches, London, Penguin Modern Classics, 2019 (1984), p.76.

[3] LORDE Audre, op. cit., traduction personnelle de cet extrait.

 

Texte : Mélissa Mambo Bangala

Mise en scène : Gaëlle Bien-aimé

Jeu : Cassiopée Lamain, Marcel Currat, Tristan Legras et Ornela Fagnon

Conception lumière : Alix Olivier

Conception son : Hannah Mazodier

Scénographie : Maya Ali

Direction technique/Régie générale : Tristan Blanchot

Régie et stock costume : Thérèse Mennecier

Régie lumière : Timothée Beaucé

Électricité : Eugénie Leciak

Régie son : Milan Triscornia

Aide scénographie : Alegria Martinez Mudry

Atelier costume : Thibault Affre, Allison Agnel, Eva Allègre, Lio Baudet Meunier, Kira Berthoux Sturm, Adèle Billy, Gabriel Boguta, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Clara Gremy, Côme Grosbois, Benjamin Jeannot, Pauline Langlois, Zoé Morel, Clariana Parot-Urroz, Julia Prié, Maya-Lune Thiblemont, Jeanne Viande, Marie-Eve Wolfrom

Zonarde - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois Zonarde - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois

Crédit photographique galerie Benjamin Bourgeois

Dans un bar à strip-tease, Marla se met à rencontrer un client dans le noir, au fond d’une cave et projette sur lui dix mille visages en faisant des choses qu’on n’imagine pas qu’elle puisse faire. À côté de ça, son mec joue à Minecraft.

 

Note d’intention de Célia Jaillet

Je suis rentrée à l’ensatt pile pendant une rupture amoureuse alors au moment d’en sortir, avec cet exercice des ouvertures, la rupture amoureuse est venue, le thème s’est imposé à moi. dans Marla try hard, c’est la fin d’une histoire d’amour et comme dans toutes les histoires qui prennent fin, ce n’est pas une vraie fin, c’est un peu nul, on lave son assiette et pas celle de l’autre sauf que Marla ne veut pas que ce soit la fin, elle ne veut pas rompre, même si c’est devenu nul. Alors elle va dans un bar à strip-tease puis dans une cave et dans cette cave elle espère y retrouver son amour, en mieux que banal.

Dans Marla try hard, il y a eu peu du mythe de cupidon et psyché, je vous explique : cupidon doit marier psyché (c’est comme ça) et ils font l’amour dans le noir, toutes les nuits et on a interdit à psyché d’allumer la lampe donc même si elle est super curieuse, elle ne sait pas à quoi ressemble cet homme qu’elle va marier. et moi je me suis dit : qu’est-ce qu’il se passe si psyché n’a pas envie d’allumer de lampe ? Ça fait quoi de rester dans le noir quand on est avec quelqu’un qui peut ressembler à tout le monde ?

Texte : Célia Jaillet

Mise en scène : Marion Guerrero

Jeu : Eva Allègre, Baratunde Ba Muhoya Ali, Tara Berthier, Noam Mouhib, Zoé Millet, Mathilde Riu et Léonor Vanryssel

Conception costume : Ella Khalilzad

Conception lumière : Tom Cantrel

Conception son : Axel Debeule

Scénographie : Elise Dollé

Direction technique/Régie générale : Jade Gamito

Régie costume : Thérèse Mennecier

Régie lumière : Louise Delas

Électricité : Lucie Tessier-Lejeau

Régie son : Axle Buschini

Aide scénographie : Jeanne Le Marrer-Berbigier

Atelier costume : Thibault Affre, Allison Agnel, Eva Allègre, Lio Baudet Meunier, Kira Berthoux Sturm, Adèle Billy, Gabriel Boguta, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Clara Gremy, Côme Grosbois, Benjamin Jeannot, Pauline Langlois, Zoé Morel, Clariana Parot-Urroz, Julia Prié, Maya-Lune Thiblemont, Jeanne Viande, Marie-Eve Wolfrom

Habilleuse : Elya Garcia

Marla try hard - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois Marla try Hard - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois

Crédit photographique galerie Benjamin Bourgeois

Deux cousins se livrent à une passion amoureuse le temps d’un été. Surpris par leur grand-mère, les deux garçons sont séparés. L’un des deux, impuissant dans cet éloignement forcé, se met alors à rêver l’aventure qui permettrait de se revoir.

 

Note d’intention de Paul Vermersch

Quand j’étais petit, comme beaucoup d’enfants de mon âge, j’ai joué aux jeux vidéo.

Dans mes jeux, il fallait choisir un héros et se lancer dans une aventure et cette aventure était longue.

On explorait des mondes étranges pour réaliser des quêtes finalement plus ou moins intéressantes.

Cette pièce ressemble un peu à cette expérience. Un long entremêlement de quêtes principales et secondaires, de personnages bizarres, de lieux impossibles, de magie : beaucoup de détours pour essayer de se défaire d’un désir amoureux étrangement fixe.

Au cœur de ce texte il y a une blessure : un été, Paul et son cousin Tim se livrent à une passion amoureuse très intense. Mais ils sont découverts par leur mamie et les deux cousins sont séparés.

Cette séparation, Paul la vit comme un arrachement. Dans cet ébranlement il a un réflexe : pour faire face à cette rupture forcée, il se lance dans une aventure mentale dont il est le héros. Il poursuit alors l’image de son cousin dans un parcours farfelu et rêvé : il y a un pacte bizarre avec un vieux saint inconnu, un body-builder, des voyages en Europe de l’Est, à Vladivostok, des plongées dans la Bible, dans Dragon Quest™, et partout, comme un aplat, la constance de son désir pour Tim, resté inchangé et douloureux.

Paul s’épuise à inventer tout ce qu’il peut pour traiter le manque et il s’abîme : aucune image mentale, aucun scénario rêvé ne lui rendra son cousin, les espaces de la fiction et du réel sont poreux mais sont deux espaces distincts. Pris dans son désir inassouvi, le jeune homme fabrique des mondes à n’en plus finir, sans jamais pouvoir réussir à jouir tout à fait des présences fantasmées : les visions restent purement mentales.

La version présentée est une version réduite de la pièce, initialement composée de 14 fragments (14 comme les 14 stations du chemin de croix). Le texte d’origine est écrit dans une alternance de ces moments d’aventure et de fragments de mémoire, de souvenirs « réels ». C’est dans ce pliage que se dessinent côte à côte la teneur du manque de Paul pour son cousin et le contexte autour de cette histoire – un contexte familial trouble, travaillé par une homophobie insidieuse.

Les fragments choisis pour cette ouverture se concentrent sur la recherche de Tim par Paul et son acolyte, à l’intérieur de quoi a été préservé un moment dit de « mémoire », rendant ainsi compte de ce que j’ai tenté de déployer dans ce texte : un enchâssement du souvenir et du fantasme.

Texte : Paul Vermersch

Mise en scène : Marion Guerrero

Jeu : Baratunde Ba Muhoya Ali, Hamza El Jahouari, Noam Mouhib, Zoé Millet et Léonor Vanryssel

Conception costume : Margot Bonnafous

Conception lumière : Emma Vernay

Conception son : Axel Debeule

Scénographie : Jeanne Saluzzo

Direction technique/Régie générale : Jade Gamito

Régie costume : Benjamin Jeannot

Régie lumière : Anaïs Butruille

Électricité : Lina Mahjoub

Régie son : Chloé Mauchamp

Aide scénographie : Elsa Choquet

Atelier costume : Thibault Affre, Allison Agnel, Eva Allègre, Lio Baudet Meunier, Kira Berthoux Sturm, Adèle Billy, Gabriel Boguta, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Clara Gremy, Côme Grosbois, Benjamin Jeannot, Pauline Langlois, Zoé Morel, Clariana Parot-Urroz, Julia Prié, Maya-Lune Thiblemont, Jeanne Viande, Marie-Eve Wolfrom

Habilleuse : Lila Mervoyer et Katérina Pavleev

Le Sang - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois Le Sang - Projet écriture dramatique 26 - crédit B.Bourgeois

Crédit photographique galerie Benjamin Bourgeois