Ouvertures de l'ENSATT

Lxs Assoiffxs

« Crépuscule, ux communauté se retrouve dans ux décharge pour faire lx fête. Xal tente d’articuler ux nouvelx langue sur lxs ruines de l’ancien monde et de sortir des mécanismes de lx violence. Mais soudain lx Fontaine ne marche plus et quelqu’ux a disparu. Lx soif et l’angoisse montent. Lx colère et lx panique aussi. »  Emmanuel.le Linée

 
Les projets de fin d’études dits PFE sont des créations dirigées par les étudiantes et étudiants du parcours mise en scène. Avec les concepteurs, conceptrices et les acteurs, actrices de leur promotion, ils et elles ont la possibilité de développer leurs univers au plateau.
 
L’ensemble des moyens de l’École est alors mis à leur disposition pour cette dernière étape de leur formation. Un moment fort qui scelle sortie d’École et présentation au public pour celles et ceux qui composent déjà la nouvelle création contemporaine.
A l’issue des trois ans de l’accompagnement de la formation écriture-dramaturgie de l’ENSATT la première version de Lxs Assoiffxs voit le jour en novembre 2023. 
Dans cette « décharge industrielle abandonnées » des corps « se déchaîne sur un son Hard-Techno ». Mais lorsque la Fontaine où ils semblent s’abreuver d’une substance bien étrange tari, le manque et l’abîme du monde extérieur ressurgit. 
Et tout ne sera qu’à propos d’une chose visible mais qui n’est jamais nommée. 
 
Comment réinterpréter les signes laissés sur la page ? Se dédoubler pour les réinterroger. Sous l’apparente légèreté des dialogues de cette langue peuplée d’anglicismes et qui tend à l’effacement du genre, se trouve en effet quelque chose de plus dangereux : L’avènement d’un autre système contre le système que les personnages dénoncent. 
Alors la langue devient une distinction, une frontière.
Mais qu’arrivent -il quand nos frontières intérieurs ne suffisent plus ? Quand les personnages se rendent compte qu’iels ne sont pas si différents « d’eux » ? 
 
Dans Lxs Assoiffxs quelque chose n’est jamais visible : c’est le paysage autour de la décharge « Au loin ça crame » nous dit le texte, nous n’en seront pas beaucoup plus.  Pourtant cela semble être le point de névralgie à l’horizon qui influence tout le reste. Mon travail cette dernière année de formation en mise en scène a été notamment d’imaginer avec mes camarades en conception cet hors champs.  Dessiner ensemble une Ville au-dessus d’eux : la décharge devient un souterrain et la menace du chaos plane maintenant au-dessus de leur tête. Si bien qu’a mesure que le vide s’élargit autour d’eux les frontières intérieurs des personnages tendent à s’amenuisées, ne laissant plus de distinctions entre un hypothétique « nous » et « eux ».
 
Dans ce monde où le Bien et le Mal sont à la foi polarisés et analogue, où le temps n’est plus que fragmentaire, répétitif et où l’oubli semble être la norme : Alors tout doit mourir. 
 
Emmanuel.le Linée

Mise en scène : Emmanuel.le Linée
Chorégraphie : Lucas Guerton

Jeu : Ludovic Bou, Ariane Courbet, Nina Depays, Antoine De Toffoli, Fannie Fararik et Maëlle Garcia Kenoui

Conception lumière : Rachel Aroutcheff
Régie lumière : Tom Cantrel et Carla Gorieu Durocher
Technique lumière : Timothée Beaucé et Martine Haffemayer Fox

Conception son : Lolie Mortreux
Régie son : Axel Debeule et Paul Fontimpe

Conception costume : Benjamin Gournay
Régie de production costume : Morgane Pegon et Manon Surat
Atelier costume : Allison Agnèle, Thibault Affre, Eva Allegre, Chloé Antigny, Adèle Billy, Agathe Brau, Coralie Courtade, Wendy Gauthier, Gabriel Grandemange, Benjamin Jeannot, Zoé Morel et Jeanne Viande
Habillage : Thibault Affre, Agnel Allison, Maialen Biais-Gazers, Coralie Courtade et Wendy Gauthier
Aide à la coiffure : Bryan Bournel

Scénographie : Ghil Meynard
Aide à la construction : Naëlle Fontaine, Ivana Mlynarova et Blanche Roland

Conception vidéo : Milhann Chodorowski

Régie générale : Tom Cantrel et Carla Gorieu Durocher
Administration : Romane Aleveque

Remerciements : Clara Jude et La Chloka

 
 
Photo visuel : Emile Zeizig

Ouvertures d’été

Avant que les étudiantes et étudiants en dernière année quittent l’ENSATT, il est coutume de vous présenter leurs grands projets de fin d’études. Cette année, l’école vous propose de découvrir trois formes de nature très singulières, trois gestes artistiques distincts qui reflètent la vie et l’identité même de l’école.

L’auteur et metteur en scène Emmanuel.le Linée, aboutit après un double cursus en Écriture et Mise en scène, son projet de fin d’études : Lxs Assoiffxs.

Un ensemble d’étudiantes et d’étudiants, accompagné par Gabriel Rétif (Scénographe 84e promotion), s’est engagé, en un temps limité, dans un processus de création collective : Si cela sonne creux c’est qu’il n’y a plus personne à l’intérieur. Une dizaine de jours pour éprouver toutes disciplines confondues l’improvisation et l’écriture au plateau.

Enfin, Leyla-Claire Rabih, metteuse en scène et directrice de l’ENSATT, a guidé des étudiantes et étudiants de différentes promotions, mais aussi en Diplôme d’étude complémentaire et Erasmus à travers un texte du répertoire, à la structure très singulière, de l’autrice allemande Dea Loher : Innocence.

Ces trois propositions sont à l’image de l’ENSATT, un kaléidoscope de formes accompagnées de tous les savoir-faire de cette maison (équipes enseignantes, techniques et administratives). Nous souhaitons aux étudiantes et étudiants qui traceront le théâtre de demain, de belles routes et nous les assurons de continuer à être à leurs côtés pour les aider dans leur insertion professionnelle.

Lxs Assoiffxs - 2025 - crédit D.Anémian Lxs Assoiffxs - 2025 - crédit D.Anémian Lxs Assoiffxs - 2025 - crédit D.Anémian

Crédit photographique galerie David ANÉMIAN