International

L’ENSATT dans le monde Pulsations 2.2

Pourquoi cinq et pas une ?

Car c’est 5 possibilités de se rencontrer, de se découvrir.
C’est aussi 5 façons de se parler de théâtre, de musique, des traditions, du monde et de l’amour.

5 « petites formes » spectaculaires de 30 minutes : 3 créations en mars 2022, 2 créations en juin 2022.

Depuis plus de 10 ans, l’ENSATT (École Nationale Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre) et l’EITB (École Internationale de Théâtre du Bénin), collaborent et inventent des projets qui font penser les espaces, les histoires et grandir les imaginaires des jeunes artistes des deux écoles. Avec une pédagogie structurée autour « du faire au plateau » , les compétences nécessaires à l’exercice des métiers du Théâtre sont engagées à la production d’un spectacle. La mise en place du partenariat entre les deux écoles intègre cette exigence pédagogique. Les deux écoles s’engagent, à nouveau en 2022, dans une belle aventure pédagogique de création en invitant le CNSMDL (Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon) à la table.

Session du mois de mars avec :

– Deux textes écrits par Lydie TAMISIER, écrivaine dramatique, 80e promotion de l’ENSATT :

  • un texte sera mis en scène par Didier SEDOHA NASSEGANDO, metteur en scène béninois ;
  • un texte mis en scène par Laurent GUTMANN, metteur en scène et Directeur de l’ENSATT.

– Un texte écrit par Jérôme TOSSAVI, écrivain dramatique béninois et mise en scène par Laurent GUTMANN, metteur en scène et Directeur de l’ENSATT.

Avec sur scène : les comédiens et les comédiennes de la nouvelle promotion de l’EITB.

Représentations le 31 mars à l’EITB et le 6 avril au CCRI d’Ouidah

Après douze jours d’observation, d’expérimentations et de conversations avec les étudiants de l’EITB, je suis repartie avec l’idée de travailler autour de la vie conjugale.

Partager sa vie. Voilà une bien jolie expression. Si on l’entend littéralement, cela veut dire diviser, couper sa vie en deux. Par extension ce pourrait être morceler sa vie, ou se couper en deux, se fendre, se disloquer. Les pieds dans le domicile conjugal et le cœur en dehors ? Dit comme ça, c’est un don de soi qui ressemble de bien près à un sacrifice.

Et c’est parfois le cas, par exemple si on épouse une personne qu’on n’aime pas, soit parce que des parents on choisit pour nous, soit parce que nous avons fait le choix « de la raison ». Je peux dire dès à présent que je n’écrirai pas des moments de « crises », mais des scènes entre des couples qui s’entendent bien, ou qui, du moins, travaillent à bien s’entendre, qui s’efforcent de vivre en harmonie. Ainsi, ces deux textes œuvreront plutôt à ce que l’on pourrait appeler une dédramatisation de l’amour. Pas de larmes donc, pas de grandes tirades fiévreuses, de dialogues passionnés et mielleux, mais la réalité quotidienne, la liste des courses, le bruit des assiettes, le silence.

S’il n’y a pas de drame, quel théâtre cela produira-t-il ? On veut toujours parler de ce qui fait exception, ce qui sort de l’ordinaire, on veut parler de la dérive, de l’accident, de ce qui fait événement, comme si l’on voulait inciter le spectateur à la révolte (personnelle ou collective), lui instiller l’idée d’action. Mais le quotidien a aussi beaucoup de choses à nous dire. La mise en scène de la vie quotidienne demande aux spectateurs un degré d’attention particulièrement élevé.

J’écrirai donc ces vies « quelconques », ces vies où tout se déroule comme d’habitude, sans surprise, sans grand retournement, mais certes pas sans chagrins. Sur la question de l’Amour les textes resteront discrets. Assurément, ce sera un théâtre de la pudeur.

Ces deux courts textes interrogeront aussi la question de l’idéal. L’amour n’est-il qu’une Idée, une invention de l’esprit pour donner un sens à nos vies, ou nous donner l’illusion que nos vies ont du sens ? D’ailleurs, est-il possible de renoncer au sens ? D’accepter l’inanité de notre existence ? Peut-on admettre que nos vies sont anodines, anecdotiques, médiocres ?

Voici des questions que mes deux textes soulèveront probablement en creux, en sourdine. Je peux toutefois anticiper une conclusion : l’idéal a les contours flous.

Lydie Tamisier

 

Archives : Pulsations 2.1

 

Contact : Muna Majeed HASSON – Chargée de gestion des projets internationaux, des partenariats et de l’insertion professionnelle – muna.majeedhasson@ensatt.fr – tél : 04 78 15 05 06

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Crédit photographique Shehrazade DERMÉ